La première symphonie de Mendelssohn : jeune, vigoureuse et inventive

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Felix Mendelssohn, alors âgé de quinze ans, avait déjà treize symphonies pour cordes et un certain nombre d’œuvres de chambre à son actif lorsqu’en mars 1824, il termina sa première symphonie pour grand orchestre.

Mendelssohn était un classiciste qui s’appuyait sur les traditions du passé. Il a étudié de manière approfondie les œuvres de Mozart et Haydn, ainsi que le contrepoint de JS Bach et Haendel. De plus, le compositeur adolescent a absorbé les influences de ses contemporains, notamment Beethoven et Carl Maria von Weber. On entend tout cela dans la Symphonie n°1 en ut mineur. Pourtant, plus important encore, dans cette symphonie, la voix musicale distincte de Mendelssohn est pleinement mise au point. Un an plus tard, il composera le fameux Octuor, et l’Ouverture magiquement évocatrice de Songe d’une nuit d’été.

L’influent journal musical mensuel, L’Harmonicona documenté la première londonienne de Symphony, qui a eu lieu le 25 mai 1829 :

… bien qu’il n’ait qu’environ un ou vingt-deux ans, il a déjà produit plusieurs œuvres de grande envergure qui, si elles ne sont pas du tout comparables au présent, devraient, sans une telle prétention supplémentaire, le classer parmi les premiers compositeurs de l’âge…. La fécondité de l’invention et la nouveauté de l’effet, voilà ce qui frappe d’abord les auditeurs de la symphonie de M. Mendelssohn ; mais en même temps, la mélodie de ses sujets, la vigueur avec laquelle ceux-ci sont soutenus, la grâce du mouvement lent, l’espièglerie de certaines parties, et l’énergie des autres, sont tous ressentis…. L’auteur l’a dirigé en personne, et il a été reçu avec acclamations…

Dès ses premières mesures, le premier mouvement (Allegro di Molto) éclate avec une énergie ardente et tumultueuse. Plongeant tête baissée dans l’aventure, c’est une musique remplie de lignes vives et rapides et de conversations contrapuntiques denses. Dans un tissage palpitant de voix, des lignes mélodiques surgissent, en continu, d’endroits inattendus. Un passage anticipe l’ambiance feutrée et nocturne de Songe d’une nuit d’été. Au début de la section de coda, tout le mouvement excitant vers l’avant se dissipe, soudainement, avec deux mystérieux tons graves dans les cors. Puis, l’énergie frénétique revient avec une poussée féroce jusqu’à la cadence finale.

Le deuxième mouvement (Andante) apporte un drame tout aussi riche, bien que contrasté. Il commence par une mélodie tendre et priante. Avec des phrases expansives et apparemment sans fin, la musique erre dans de nouvelles terres magiques. Par moments, des ombres inquiétantes tombent. Il y a une brève « impasse » musicale entre les cordes et les vents. Les derniers instants se fondent dans une tranquillité chatoyante.

Réglé à 6/4 temps, le troisième mouvement (Menuetto, Allegro molto) est une danse sauvage et fougueuse, remplie de lignes tourbillonnantes et d’explosions tonitruantes. Dans un clin d’œil à Beethoven, la section contrastée du trio revient au menuet original avec un pont ajouté soudain, ponctué de battements de timbales étouffés et mystérieux.

Avec le dernier mouvement (Allegro con fuoco), on se replonge dans la férocité palpitante en ut mineur du premier mouvement. Dans le second thème, les lignes des bois sont accompagnées de vibrantes pizzicati à cordes. La section de développement du mouvement apporte une fugue vigoureuse et triomphale. Le jeune Mendelssohn semble se complaire dans son art, tout en rendant hommage à l’exemple de Bach. La coda prend une tournure soudaine et festive en ut majeur, avec des trompettes et des timbales flamboyantes.

Cette performance de 2014 met en vedette Paavo Järvi et l’Orchestre symphonique de la radio de Francfort :

Cinq grands enregistrements

Image en vedette : Un dessin de l’adolescent Mendelssohn (1833), Eduard Bendemann



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